Grâce aux petits lexiques précédents qui abordent les différents intervenants d’un projet, les étapes de la phase de conception, le détails des documents réalisés par un architecte (voir Le lexique pour communiquer avec un architecte 1/3), le jargon administratif (voir Le lexique pour communiquer avec un architecte 2/3), le monde de la construction a de moins en moins de secret.

Pour finir de maîtriser le langage de l’architecte, on s’attaque ici aux charabias du chantier, des matériaux et aux éléments architecturaux.

Le lexique du chantier

Gros-œuvre : Le hors-d’oeuvre

Ensemble des ouvrages de la construction qui assure sa solidité et sa stabilité (murs porteurs, poteaux, poutres, fondations…), en d’autres mots : la structure d’un bâtiment. C’est donc, après les travaux préliminaires de préparation du terrain et les démolitions éventuels, la première étape d’un chantier de construction.

Second-œuvre : Même s’il n’y en a pas de 1er, ni de 3ème

Il complète le gros œuvre et regroupe tout ce qui ne reprend pas les efforts et les charges du bâtiment. Cette phase du chantier débute à la fin du gros-oeuvre. Elle concerne notamment les ouvrages d’isolation, de plomberie, de menuiseries extérieures (fenêtres), les revêtements, le cloisonnement, la plomberie, l’électricité…

chantier en cours en phase gros oeuvre

Photo : Chantier de Camilo Rebelo Arquitectos

Ravalement : Lifting complet

Travail constituant à restaurer à l’état d’origine d’une façade.

Reprise en sous-œuvre : Comment ça tient ? Pourquoi ça tombe ?

Opération désignant une modification de la structure et réorganisant la répartition des charges. Avant d’ajouter du poids à une structure existante (en créant un étage supplémentaire par exemple), ou de modifier la transmission des charges (en créant une ouverture dans un mur porteur par exemple), il est impératif d’effectuer une étude structurelle qui validera ou non la faisabilité du projet et déterminera les moyens techniques à mettre en oeuvre : consolidation des fondations par micropieux, installation d’un IPN (poutre métallique en forme de I)…

Situation de travaux : L’addition SVP

Le paiement de l’entreprise est échelonné. En général, il démarre par le versement d’un acompte puis, les factures sont émises au fur et à mesure de l’avancement du chantier. Lorsque l’architecte valide la réalisation des prestations, l’entreprise édite sa facture dont le maître d’ouvrage devra s’acquitter.

Réserves : Ne vous inquiétez pas, c’est presque fini

A la fin du chantier et afin de préparer sa réception, l’architecte émet la liste des prestations non réalisées ou mal réalisées, des choses à reprendre, des malfaçons etc. Il les consignes dans le procès verbal de réunion et donne la date à laquelle ces réserves doivent être levées. Il bloque le montant de travaux correspondant, le solde de l’entreprise ne sera réglé qu’à la levée totale des réserves.

Opérations de réception : Merci, au-revoir

L’étape finale d’un chantier au cours de laquelle on remet les « clefs » de la construction au maître d’ouvrage et met fin à l’émission de réserves

Le lexique des matériaux en vogue


Photo  : Cuisine de bureaux par Nicola Spinetto 

Corian : Le plus stylé des polymères

Ce matériau est un composite constitué de 2/3 d’éléments minéraux et d’1/3 de résine acrylique. Dans les logements on le retrouve très souvent dans les plans de travail de cuisine et les salles de bain. Il peut servir également de revêtement de façade avec sa résistance naturelle à l’humidité. Si le blanc est le plus utilisé, et même répandu dans la grande distribution, notamment chez Ikea sous le nom d’ « acrylique », il existe dans différents coloris, avec ou sans incrustation. Les coloris foncés étant moins difficile à entretenir.

Terrazzo : Et un spritz

Ce matériau d’origine vénitienne est constitué de fragments de pierres colorées, dont du marbre, agglomérés à un ciment généralement de couleur blanche, le tout est poli pour lui donner une certaine brillance. On le retrouve généralement en revêtement de sol et depuis quelques années il est très prisé pour des plans de travail de cuisine, des sols de douche à l’italienne grâce à son aspect coloré et sa résistance. Ce motif est est devenu si tendance qu’on le retrouve sur des coussins et même des baskets !


Photo : Restaurant Bulot Bulot à Paris par BAM x Forall 

Photo : Basket Veja

Carreau de ciment : On n’en peut plus !

Il s’agit d’un revêtement en carreau, à différencier du carrelage en grès cérame notamment, à base de pâte de ciment coloré, de sable et de poudre de marbre. Traditionnellement, il est couvert de motifs géométriques, colorés et diverses, qui peuvent se combiner. Détrôné par le terrazzo, il était présent dans toutes les revues de déco, dans tous les rayons de magasins de bricolages… on a même l’impression qu’il était dans tous les projets de rénovation ces dernières années ! 

Assez cher à l’achat et pas si simple à poser, ces motifs ont été repris et imprimés sur des carrelages classiques… l’effet et l’esthétique étant loin d’être les mêmes. 

Médium (ou MDF) : C’est pas cher 

Composé de fibre de bois assemblées avec de la colle à base de formol, il est très simple à manipuler. Léger, il ne se déforme pas, ne se fend pas, se ponce et se rabote avec facilité (contrairement au bois brut). Il peut être teinté dans la masse, peint ou verni et existe en plusieurs épaisseurs possibles. Très économique à l’achat mais aussi en mise en oeuvre, il est très prisé pour les aménagements intérieurs (placard, meubles, étagères…) mais aussi pour les maquettes de projet des étudiants et des architectes.

OSB : C’est encore moins cher

Ce panneau de particules, né aux USA dans les années 70, est utilisé maintenant partout en construction. Ses 2 principales propriétés sont sa grande résistance mécanique et d’être très économique. Il est originellement utilisé pour construire certains planchers, comme des mezzanine par exemple. Il a l’avantage d’être également durable. Les fibres de bois qui le composent ne sont pas toutes disposées dans le même sens et lui confèrent ainsi sa robustesse. Le plus souvent recouvert par un matériau plus noble, il est désormais apprécié également pour son aspect brut et industriel.

espace snacks

Photo : Mobilier Nuage Café par Cardinale & Rogeon architectes

Contre-plaqué : Le « plywood » est le nouveau chêne

Dans la lignée des fibres de bois agglomérées, résistantes, économiques, rapides à mettre en oeuvre et même esthétiques désormais, ce panneau « sandwich » résulte d’un collage successif de minces feuilles de bois appelées «plis». Son utilisation est donc multiple, des façades de meubles de cuisine aux meubles pour enfants.

Polycarbonate : Le plastique peut encore être fantastique

Ce composé de plastiques est très utilisé dans l’industrie et l’architecture. Son principal atout est sa translucidité, sa grande résistance, sa légèreté et ses propriétés isolantes. Il est une alternative au verre dépoli très intéressante et peu couteuse, notamment en guise de séparatif.

Cannage : Le rotin de Mamie dans les tableaux Pinterest

Très à la mode en ce moment, ces lanières entrelacées de canne, de jonc ou de rotin qui constituent le cannage surfent sur la vague d’une déco « nature », bohème-chic, un peu vintage. On retrouve ce matériau sur des éléments de cloisonnement créant des effets de claustra. La sélection Maison et Objet de BAM a d’ailleurs retenu le joli paravent HK Living.

Laiton : Passion gold

Cet alliage de cuivre et de zinc est lui aussi en plein essor. Cette matière plus sophistiquée se marie très bien avec d’autres matériaux naturels voire bruts (comme présentés plus haut) par petites touches et certains détails comme les poignées, les luminaires, les interrupteurs…


Photo : Détail poignées de portes par MAAB

Le lexique des éléments architecturaux les plus courants

Combles : Faire salle comble

Ce terme désigne par extension le volume vide sous une toiture en pente. Si on l’utilisait peu, son aménagement se répand depuis plusieurs dizaine d’années, avec la flambée du prix de l’immobilier. Aménager ses combles est devenu un véritable enjeu architectural et financier, chaque mètre carré étant exploité.

Pour en savoir plus sur ce type de projet, consultez notre dossier dédié à l’aménagement de combles et notamment l’article : Pourquoi rénover des combles ?

Verrière : Le fameux style « indus »

Cet ouvrage est le plus souvent composé d’une structure métallique très fine et d’un remplissage en verre. Il peut être posé en façade pour créer un effet de véranda, en toiture pour apporter une lumière zénithale, en guise de cloisonnement intérieur pour isoler une cuisine d’un séjour par exemple ou encore fermer une mezzanine. Si les férus de déco ont un peu abusé de la « verrière atelier » ces dernières années, on ne peut nier qu’elle possède la double qualité de laisser passer la vue et la lumière tout en préservant une certaine intimité.

Photo : Verrière en métal laqué blanc par Atelier boteko

Claustra : Pas claustrau

Alternative à la verrière, le claustra est une paroi ajourée qui laisse passer la lumière mais limite la vue. Il peut être réalisé en tous type de matériaux mais les plus répandus sont le bois, la brique, le papier. son cousin oriental est le célèbre moucharabieh. Présent en extérieur ou en façade pour faire office de brise-vue depuis la terrasse du voisin, il trouve sa place en intérieur pour isoler un espace nuit dans un studio par exemple.

Acrotère : Le copain du toit plat

Ce rebord périphérique d’un toit-terrasse, accessible ou non, peut être surmonté d’un garde-corps. Sa fonction principale est de protéger le relevé d’étanchéité et d’éviter les coulures d’eaux de pluie sur la façade qui pourraient la salir voire la détériorer.

Chien-assis : La petite lucarne

Désigne une fenêtre verticale qui perce une toiture pour éclairer ses combles. Repérable dans les vieux immeubles parisiens, elle est revisitée dans les projets de surélévation.

surélévation en zinc sur bâtiment en briques 
Photo : Surélévation par Overcode

Porte-à-faux : Une vraie prouesse

Dispositif technique jouant sur une impression de déséquilibre sans compromettre sa stabilité. Cette installation repose sur un unique point d’appuis qui reprend l’ensemble des charges. 

 

Alors, partant pour un projet épaulé par un architecte ?

Photo de couv : Joaillerie par Java Architecture

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