Travailler avec un architecte c’est pénétrer un univers parfois inconnu. C’est pourquoi BAM a décidé d’éditer des petits lexiques, non exhaustifs, comprenant les termes et sigles les plus utilisés dans le milieu de la construction et qui souvent n’évoquent absolument rien au commun des mortels !

Les intervenants d’un projet d’architecture

Architecte HMONP : Sigle barbare

Architecte Habilité à exercer la Maîtrise d’Œuvre en son Nom Propre, diplôme permettant à un architecte de s’inscrire à l’Ordre des Architectes et donc de pouvoir signer ses propres plans, de monter sa propre agence. Avant 2007, le titre était Architecte DPLG : Diplômé Par Le Gouvernement.

A distinguer de l’architecte DE (Diplômé d’Etat) qui ne peut pas signer de plan et s’inscrire à l’ordre.

Architecte d’intérieur : Titre non protégé

A l’instar d’un architecte HMONP/DPLG, l’architecte d’intérieur s’occupe d’agencer, selon les souhaits des clients, la décoration (le second œuvre) d’un bâtiment ou d’un espace public. Cependant, il ne peut pas modifier la structure d’un bâtiment. Attention prudence, des personnes sans expérience peuvent s’auto-proclamer architecte d’intérieur, concepteur d’espace ou encore architecteur. 

ABF : Contrainte de projet mais aussi garant du patrimoine

Architecte des Bâtiments de France, fonctionnaire de l’Etat choisi sur concours. La mission de l’ABF est patrimoniale : il veille à la préservation des édifices historiques et délivre un avis de « conformité » à tous projets de construction et/ou de démolition dans les périmètres proches de bâtiments classés.

intervention d'architecte dans un secteur classé
Photo : Réhabilitation en secteur classé par François Brugel Architectes

Ordre des Architectes : De la protection de la déontologie

Comme l’Ordre des Médecins ou des Avocats, c’est l’organisme professionnel qui définit les conditions d’exercice du métier d’architecte. Il se charge également de la défense juridique et administrative de la profession. Il peut également pénaliser (par la radiation) les professionnels qui auraient manqués aux règles de la profession.

Géomètre : Il mesure tout 

Professionnel fournissant les métrés du site de projet à l’architecte. Il est spécialisé dans le relevé de terrain et des ouvrages existants. Ainsi il dessine les plans et coupes d’état des lieux avec les dimensions des constructions existantes, la pente du terrain, les positions des différents réseaux, des arbres existants etc. Son intervention n’est pas systématique, l’architecte réalise parfois lui-même le relevé et les fonds de plan.

Paysagiste : Il ne plante pas seulement des graines

Professionnel diplômé d’une Ecole de Paysage, il conçoit les projets d’aménagement extérieurs. Il travaille sur toutes les échelles de projet : d’un jardin à un territoire. A l’instar de l’architecte il s’appuie sur le contexte social, culturel et bien sûr naturel et environnemental pour concevoir les espaces, sélectionner les essences végétales et les matériaux.

aménagements tour de piscine

Photo : Aménagement paysager d’un jardin par MAAD architectes

Urbaniste : Celui qui aime les grands plans

Il est spécialiste de l’aménagement des territoires. Tandis que l’architecte a une réflexion à l’échelle du bâtiment, l’urbaniste lui se préoccupe de la dimension urbaine et des relations qu’entretiennent les édifices entre eux. Son rôle est d’anticiper les besoins des communes afin de proposer une occupation du territoire pertinente en termes de morphologie de bâtis urbains, de répartition des équipements et d’organisation des flux.

BET : Pas si BETE

Bureau d’Etude Technique, interlocuteurs privilégiés des architectes. Il y a autant de BET que de spécificités techniques sur un projet : structure, fluides, acoustique,VRD (Voirie Réseaux Divers) etc. Ils conçoivent le projet avec l’architecte et partagent avec lui les responsabilités inhérentes. 

Maître d’ouvrage : Celui qui paye 

C’est-à-dire le client, celui qui est à l’origine de la commande d’un chantier et qui la finance. Il peut s’agir d’un particulier mais aussi d’un professionnel comme un promoteur ou une collectivité. Le client peut aussi déléguer certaines de ses fonctions et s’entourer d’un assistant à maîtrise d’ouvrage.

Maître d’œuvre : Le maître tout court

Généralement l’architecte et, le cas échéant, l’ensemble des concepteurs du projet précédemment cités. Sur le chantier il est chargé de coordonner les différents corps de métiers, dans le respect de l’enveloppe financière et du planning fixé par le maître d’ouvrage.

portrait rudy ricciotti architecte

Photo : Rudy Ricciotti, architecte, pendant la visite du domaine de Beaucastel dans le cadre du concours organisé par BAM

Entrepreneur : Celui qui construit

Peut désigner l’entreprise ou l’artisan qui est mandaté par le maitre d’ouvrage. Il est sous la direction du maître d’oeuvre lorsque celui-ci est missionné pour le suivi de chantier. 

Constructeur : Méfiance…

Personne ou société qui cumule différentes fonction, de l’achat du terrain, à la réalisation des travaux en passant par la conception du projet. Confier l’ensemble de ces responsabilités à une même entité augmente le risque qu’elle fasse valoir ses intérêts propres avant ceux de son client. 

ouvrier et son sac de ciment
Photo : Maçon en plein chantier

Les étapes de la phase de conception

Faisabilité (FAISA) : C’est possible ou c’est pas possible ? 

A ce stade, l’architecte détermine si toutes les données du projet sont réalistes : programme, budget, surfaces, délais, règlement d’urbanisme… sur la base des divers diagnostics et documents fournis. Il donne également une première appréciation sommaire du projet en termes de volume constructible et d’emprise globale sur le site au regard du PLU (Plan Local d’Urbanisme). 

Esquisse (ESQ) : Les prémices

L’architecte soumet plusieurs documents graphiques qui présente ses intentions, différentes implantations possibles, l’insertion du projet dans le site, des ambiances voire des matériaux. Dans le cadre de concours d’architecture, le niveau de détails des rendus est équivalent à celui de l’esquisse.

perspective projet studio mumbai concours beaucastel

Photo : Esquisse de rendu pour le concours de la rénovation et l’extension du domaine de Beaucastel par Studio Mumbai architects

Avant-Projet Sommaire (APS) et Avant-Projet Définitif (APD) : 

Au cours de ces 2 étapes on afine de plus en plus le projet. On en fixe les grandes lignes dans un soucis de cohérence budget / programme. On valide les choix constructifs et techniques.

Déclaration préalable (DP) et Permis de Construire (PC) : La paperasse

La DP est exigée par les mairies dans un certain nombre de cas avant démarrage de travaux. 

N’hésitez pas à consulter notre article DP ou PC pour savoir par quelle démarche votre projet est concerné.

Le dépôt d’un PC lui est exigé pour des projets de plus grande ampleur (exemple : la création d’une surface de plancher de plus de 50m²).

Ces dossiers, constitués d’un cerfa et de documents graphiques et descriptifs présentent le projet en termes de programme, volumes, couleurs, matériaux et réponses au PLU. Une fois validés par la mairie ces deux autorisations arrêtent les études du projet et donc l’aspect général de la future construction.

Le jargon administratif n’aura plus de secret pour vous après la lecture de notre article dédié

Projet (PRO) et Dossier de Consultation des Entreprises (DCE) : La fin du commencement

Au cours de cette étape, le projet est entièrement dessiné, décrit et mesuré en détails. L’ensemble de ces informations sont communiquées à plusieurs entreprises de travaux qui établiront des devis en vue d’obtenir le marché de travaux. Au cours de l’ACT (assistance à la contraction des marchés de travaux), l’architecte conseille son client dans choix d’entreprise mais le marché est signé entre le client et l’entreprise uniquement. L’étape d’après c’est le chantier !

coupes sur les chambres nh hôtel
Photo : Coupes détaillées sur les chambres du NHOW-hôtel à Marseille par Fatosme et Lefèvre architectes

Pour tout connaître du vocabulaire du chantier, consultez notre article 

Les documents graphiques et pièces écrites

Plan de Situation : Où est-ce qu’on est ? 

Vue du projet en plan, représentant sa localisation et son contexte général : sa position sur la commune, les bâtiments et équipements importants aux alentours, les principales voies de circulation etc.

Plan de Masse : La terre vue du ciel

Vue du projet avec ses dimensions générales, ses toitures, son emprise sur site et ses ombres projetées.

plan de masse d'une maison individuelle

Photo : Plan de masse d’une maison par CG architecte

Pers(pective) /3D : On s’y croirait presque

Vue 3D représentant le projet inséré dans son contexte proche, avec sa matérialité. Ce document permet de mieux se projeter et d’imaginer ce que sera réellement le projet. Cette vue peut être générée par des logiciels de rendus sur ordinateur, dessinée à la main, voire réalisée avec des collages etc. 

On peut également réaliser des pers intérieures proposant des aménagements et rendant compte des matériaux, de la luminosité et des proportions des espaces projetés.rendu 3D d'une cuisine en bois
Photo : Perspective d’une cuisine par CG architecte

Elévation : Et non pas lévitation

Représentation des façades (intérieures ou extérieures) du projet, une vue de face.

Coupe : Les entrailles du projet

Dessin représentant l’intérieur du projet, comme s’il avait été coupé en 2, dans le sens longitudinal ou transversal, faisant apparaître certains détails constructifs, non visibles.

coupe extension overcode

Photo : Coupe sur une extension de maison par Overcode

Moodboard : Un des seuls anglicismes

Planches d’ambiance avec des références de projet construits similaires, des échantillons de matériaux, du mobilier, des gammes de couleurs…

Descriptif : Une description sans envolée lyrique

Document écrit détaillant lot par lot quelles sont les attentes de l’architecte et de son client, le niveau de finitions et la description technique des ouvrages à réaliser. L’entreprise s’appuie dessus pour effectuer son chiffrage.

DPGF : Le ticket de caisse

Décomposition du Prix Global et Forfaitaire, le plus souvent via un tableau dont chaque ligne correspond à un poste précis de travaux. Dans les colonnes on y indique le prix unitaire, au mètre linéaire ou mètre carré, Hors Taxes et Toutes Taxes Comprises. Ce document est constitutif du marché de travaux avec les plans et le descriptif.

Alors, partant pour discuter avec un architecte ?

Photo de couv : Plan d’étage d’une maison en Grèce par Camilo Rebelo Arquitectos

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