En Mars dernier la start’up BAM organisatrice de concours d’architecture ouvrait les candidatures au projet de rénovation et d’extension du Domaine de Beaucastel. Retour sur l’une des plus prestigieuses compétitions d’architecture de l’année 2018.

Contexte du concours d’architecture du Domaine de Beaucastel

Le château de Beaucastel est un des joyaux de l’appellation Châteauneuf-du-Pape, reconnu de façon unanime par les amateurs de vin du monde entier.

Précurseurs de l’agriculture biodynamique, les membres de la Famille Perrin, propriétaires du Château de Beaucastel, ont toujours eu un rapport très intime à la terre et c’est ce qu’elle a souhaité valoriser lorsqu’elle a mandaté la start’up BAM pour l’organisation d’un concours d’architecture visant à agrandir et rénover complètement le domaine.

« L’enjeu du projet sera de s’intégrer dans ce milieu naturel avec une cave qui ne viendra perturber… pratiquement rien. » J.P. Perrin au lancement du concours

Les foudres de Beaucastel ©Lionel Moulet

Le concours, un gage de qualité architecturale

En stimulant la créativité architecturale, en permettant de dénicher de nouveaux talents et de choisir la meilleure équipe pour un projet, la procédure de concours est indéniablement la voie royale pour trouver son architecte. Et la Famille Perrin l’a bien compris.

Propriétaires de nombreux domaines vinicoles, ils ont l’habitude de collaborer avec des architectes. Toutefois, Beaucastel étant un élément emblématique de leur patrimoine, les Perrin ont souhaité confier sa rénovation et son extension à un architecte ayant parfaitement compris l’enjeu et leurs attentes.

« Ce concours nous a permis de rencontrer des architectes extraordinaires (…) ce qui nous a poussé à nous interroger en profondeur sur des problématiques essentielles pour l’avenir du domaine ». C. Perrin

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Un engouement sans précédent auprès des architectes du monde entier

Les attentes de la Famille Perrin étaient élevées : réinventer le Château de Beaucastel pour le siècle à venir, tout en respectant son terroir, ses valeurs et son histoire. Le défi a séduit pas moins de 1200 architectes, finalement 300 équipes se sont inscrites, représentant 32 nationalités.

Une composition du jury et un processus de sélection inédits

La singularité de ce concours d’architecture réside dans son jury, composé des membres de la Famille Perrin, non professionnels de la construction.

BAM a donc veillé à tout mettre en oeuvre pour faciliter le choix des candidats. Tout d’abord en spécifiant dans le règlement du concours que tous les documents et explications se devaient d’être compréhensibles de tous.

Ensuite, la startup a mis au service du jury une application web lui permettant une sélection simple et ludique des candidats d’après définitions des critères qui importaient aux maître d’ouvrage. Si 300 portfolios et autant de lettres de motivations ont été rendus, 10 équipes ont été admises à concourir et ont présenté des intentions de projet. Parmi elles, 5 ont été reçues au second tour pour présenter maquettes et esquisses.

Ce mode de sélection a permis d’enrichir le panel d’architectes retenus avec de jeunes agences en plein essor : Combas Architecture, Marchi, YUA Studio aux côtés d’agences de renommée internationale : Aires Mateus, John Pawson, Rudy Ricciotti, Studio Mumbai ou encore le japonais Shigeru Ban (Pritzker price 2014).

Le lauréat du concours : Studio Mumbai

Le projet de l’agence indienne Studio Mumbai a fait l’unanimité notamment par son caractère profondément écologique. Il s’est aussi démarqué par une écriture architecturale à la fois vernaculaire et contemporaine.

Si les principaux bâtiments du domaine seront conservés, le projet, conçu comme un prolongement de l’existant, prévoie l’excavation de nouvelles caves.

La terre issue de cette excavation servira à la création des nouveaux bâtiments : les parties souterraines de l’extension seront construites en béton de site (mélange de chaux, de granulats locaux et de sable) et les bâtiments en surface seront réalisés en pisé (terre crue compactée).

Philipe Clément, ingénieur structure et partenaire de Studio Mumbai souligne le fait que, si les contraintes règlementaires et l’absence de normalisation des techniques traditionnels ont profondément pénalisé la filière terre, béton de site, pierres massives et plus généralement les matériaux bio-sourcés, ces techniques ancestrales connaissent un nouvel essor grâce à l’investissement et à l’ambition de certains acteurs de la construction.

photo maquette de volumétrie

plan projet studio mumbai concours beaucastel

Une architecture sobre et responsable au service d’un grand cru

La démarche écologique du projet est plutôt « low-tech », s’appuyant sur des procédés passifs et les qualités naturelles de la matière par opposition à une écologique « high tech » qui utilise des dispositifs actifs comme les panneaux solaires.

Le projet limite aux maximum l’usage de la climatisation et les consommations d’eau. La ventilation se fait via un système naturel et innovant, à l’aide de puits provençaux et de bassins souterrains.

En proposant des méthodes traditionnelles qui puisent le sens de leur innovation dans une volonté toujours plus grande de respecter la nature, cette approche architecturale épouse les valeurs fondamentales de la Famille Perrin. Il a donc semblé cohérent pour les maîtres d’ouvrage de choisir un projet intégrant au mieux ce qui a fait leur succès mondial : une démarche écologique avant-gardiste au service du respect et de la mise en valeur de leur terroir.

Pour en savoir sur le projet de Studio Mumbai et prendre connaissance des 4 autres propositions d’architectes RDV sur : concours.bam.archi/beaucastel

photo maquette projet studio mumbai beaucastel

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